Surpoids et obésité : comprendre sans culpabiliser, agir efficacement !
Cette semaine, j’ai eu l’occasion d’intervenir sur Ici Azur (France Bleu) dans l’émission « Bienvenue chez vous » pour parler du surpoids, de l’obésité et de la grossophobie, à l’occasion d’un dossier consacré aux préjugés liés au poids.
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L’échange faisait notamment écho au travail de l’association Big Girl Social Club, qui permet à des femmes en situation d’obésité de pratiquer une activité physique dans un cadre bienveillant, sans jugement sur Nice.
C’est un sujet essentiel. Parce que l’obésité est une maladie chronique. Mais aussi parce que la stigmatisation du poids aggrave souvent les choses au lieu de les améliorer.
Comment définir l’obésité ?
L’obésité est une maladie chronique caractérisée par un excès de masse grasse pouvant avoir un impact sur la santé.
Ce n’est pas une question d’esthétique.
Ce n’est pas une question de volonté.
Ce n’est pas simplement “manger trop”.
Les sociétés savantes internationales (OMS, HAS, sociétés européennes) décrivent l’obésité comme une pathologie multifactorielle, influencée par :
- l’alimentation
- le niveau d’activité physique
- la génétique
- les hormones
- le sommeil
- le stress
- certains traitements médicamenteux
- l’environnement social et économique.
Il s’agit souvent d’un déséquilibre complexe du métabolisme et des mécanismes de régulation de l’appétit.
Surpoids et obésité : quelle différence ?
On utilise souvent l’IMC (indice de masse corporelle) comme outil de repérage :
- IMC ≥ 25 : surpoids
- IMC ≥ 30 : obésité
Mais l’IMC reste un indicateur de dépistage, pas un diagnostic complet.
Deux personnes ayant le même IMC peuvent avoir des profils très différents :
- masse musculaire plus ou moins élevée
- répartition de la masse grasse différente
- présence ou non de complications métaboliques
Aujourd’hui, on s’intéresse également :
- au tour de taille
- à la présence de pathologies associées : diabète, hypertension, dyslipidémie
- à la qualité de vie
- aux douleurs articulaires
- aux troubles respiratoires
Le chiffre seul ne raconte jamais toute l’histoire.
La génétique : est-on “programmé” pour l’obésité ?
La génétique joue un rôle réel. Certaines personnes ont :
- une régulation de la faim plus sensible
- une tendance au stockage plus importante
- une dépense énergétique de repos plus faible
Mais la génétique n’est pas un destin figé.
Elle interagit avec l’environnement alimentaire, le stress, le sommeil et le mode de vie.
On n’hérite pas uniquement d’un poids. On hérite d’une sensibilité à un environnement.
Et les hormones ?
Certaines pathologies peuvent favoriser une prise de poids :
- hypothyroïdie
- syndrome des ovaires polykystiques
- certains traitements (antidépresseurs, corticoïdes…)
Mais elles ne représentent pas la majorité des situations.
La répartition de la graisse compte plus que le poids
Toutes les graisses corporelles n’ont pas le même impact.
La graisse abdominale (viscérale), située autour des organes, est davantage associée à :
- diabète de type 2
- hypertension
- anomalies du cholestérol
- maladies cardiovasculaires
C’est pourquoi le tour de taille est un indicateur simple mais pertinent du risque cardio-métabolique.
Deux personnes peuvent avoir le même poids.
Celle qui a davantage de graisse abdominale sera souvent plus à risque.
Pourquoi les régimes restrictifs échouent souvent ?
Les régimes très restrictifs fonctionnent souvent à court terme.
Mais à long terme :
- le métabolisme diminue
- la faim augmente
- la fatigue s’installe
- la frustration grandit
Le corps s’adapte à la restriction. Cela favorise ensuite :
- les compulsions
- la perte de masse musculaire
- l’effet yo-yo
- la reprise de poids majoritairement sous forme de graisse
Le problème n’est pas un manque de volonté.
Le problème est que les régimes stricts ne sont pas durables biologiquement.
Quel accompagnement propose un diététicien-nutritionniste ?
Un accompagnement sérieux va bien au-delà d’un “régime”.
Il comprend :
- analyse des habitudes alimentaires
- rythme de vie et sommeil
- activité physique
- relation à l’alimentation
- antécédents médicaux
- prévention des carences
- maintien de la masse musculaire
L’objectif n’est pas de punir. Ni d’interdire. Ni de faire perdre du poids le plus vite possible.
L’objectif est de construire une stratégie réaliste, progressive et durable.
Alimentation et activité physique : oui, mais autrement.
L’activité physique ne doit pas être envisagée uniquement pour “brûler des calories”.
Elle sert à :
- préserver la masse musculaire
- améliorer la santé cardiovasculaire
- réduire l’inflammation
- améliorer l’humeur
- limiter la reprise de poids
On peut perdre du poids sans sport.
Mais on maintient beaucoup mieux les résultats avec du mouvement.
En cas d’obésité sévère, l’activité doit être adaptée :
- marche progressive
- vélo doux
- renforcement musculaire encadré
- aquagym
La régularité compte plus que la performance.
C’est précisément ce que proposent des initiatives comme Big Girl Social Club sur Nice : permettre l’accès au mouvement sans jugement.
La grossophobie : un frein réel à la santé
La stigmatisation du poids a des conséquences documentées :
- baisse de l’estime de soi
- évitement des soins
- augmentation du stress
- troubles du comportement alimentaire
La culpabilisation ne soigne pas l’obésité. Elle l’aggrave souvent.
On peut parler de prévention et de santé. Mais sans attaquer la personne.
La santé se construit dans un climat de respect.
Les nouveaux traitements type GLP-1 : avancée ou solution miracle ?
Consulter l’article sur les traitements GLP-1
Des médicaments comme : Ozempic®, Wegovy®, Mounjaro® agissent sur la régulation de l’appétit et la glycémie.
Ils peuvent entraîner une perte de poids significative chez certaines personnes.
Mais :
- ils sont réservés à des indications médicales précises
- ils nécessitent un suivi médical
- ils peuvent provoquer des effets secondaires digestifs
- l’arrêt sans accompagnement entraîne souvent une reprise de poids.
Ce ne sont pas des solutions “confort”.
Ils doivent s’inscrire dans une prise en charge globale incluant :
- alimentation adaptée
- activité physique
- maintien de la masse musculaire
- prévention des carences
Ce sont des outils thérapeutiques. Pas des baguettes magiques.
Ce qu’il faut retenir
- L’obésité est une maladie chronique multifactorielle.
- Le poids seul ne définit pas le risque.
- La répartition abdominale de la graisse est un facteur clé.
- Les régimes restrictifs échouent souvent à long terme.
- L’accompagnement doit être global, individualisé et durable.
- La stigmatisation nuit à la santé.
- Les nouveaux traitements sont des outils, pas des solutions autonomes.
En conclusion
La question n’est pas de juger. Ni de simplifier.
La question est d’accompagner intelligemment, avec des données scientifiques solides et une approche humaine.
Si vous souhaitez mettre en place une stratégie adaptée à votre situation — avec ou sans objectif de perte de poids — je peux vous accompagner dans une démarche progressive, structurée et respectueuse de votre santé.