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Pourquoi l’alimentation n’est pas qu’une question de volonté ?

6 janvier 2026 par
DUFOUR Garis


« Si je voulais vraiment, j’y arriverais. »

« Je manque de discipline. »

« Je n’ai pas assez de volonté. »


Ces phrases, je les entends très souvent en consultation.

Et pourtant, elles reposent sur une idée fausse : celle que l’alimentation serait avant tout une affaire de volonté.

En réalité, manger n’est jamais un simple choix rationnel.

C’est un comportement influencé par de nombreux facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux.



La volonté : une vision trop simpliste.


La volonté donne l’illusion que tout dépend de soi, à 100 %.

Mais cette vision est réductrice et souvent culpabilisante.


Si la volonté suffisait :

  • il n’y aurait pas autant de personnes en difficulté avec leur alimentation
  • il n’y aurait pas autant d’échecs répétés
  • il n’y aurait pas autant de culpabilité.


Le problème n’est donc pas la personne mais le modèle explicatif.



Le corps n’est pas un robot.


Quand on mange moins, différemment ou de façon plus contrôlée, le corps réagit.


Il ajuste :

  • les hormones de la faim
  • les hormones de la satiété
  • le métabolisme.


Ces mécanismes sont automatiques. Ils ne dépendent pas de la motivation.


Avoir faim, avoir envie de manger, ressentir une attirance pour certains aliments n’est pas un manque de volonté, c’est une réponse physiologique normale.



Le rôle majeur du stress et de la fatigue.


Le stress chronique et la fatigue ont un impact direct sur le comportement alimentaire.


Quand on est fatigué ou sous pression :

  • le cerveau cherche des solutions rapides
  • du réconfort
  • de l’énergie disponible.


Dans ces moments-là, il devient beaucoup plus difficile de résister, contrôler, raisonner.

Ce n’est pas un échec personnel, c’est un fonctionnement neurobiologique bien documenté.



Les émotions influencent aussi ce que l’on mange.


L’alimentation est souvent utilisée pour se calmer, se distraire, se rassurer ou faire face à l’ennui et à l’anxiété.


Ce comportement n’est ni anormal ni pathologique en soi.

Il devient problématique quand il est la seule stratégie disponible.

Encore une fois, la volonté seule ne suffit pas à gérer les émotions.



L’environnement pèse lourd dans nos choix.


On sous-estime énormément l’impact de l’environnement :

  • disponibilité des aliments
  • rythme de travail
  • horaires décalés
  • vie familiale
  • pression sociale
  • messages contradictoires sur la nutrition.


Penser que l’on mange uniquement par choix individuel, sans influence extérieure, est irréaliste.



Pourquoi plus de contrôle ne fonctionne pas ?


Face aux difficultés, beaucoup de personnes tentent de reprendre le contrôle en se fixant plus de règles, plus d’interdits, plus de contraintes.


À court terme, cela peut donner une impression de maîtrise.

À long terme, cela augmente souvent la frustration, la fatigue mentale et les pertes de contrôle.

Le contrôle excessif finit par épuiser.



Changer d’approche plutôt que forcer !


Si la volonté ne suffit pas, alors que faire ?


Il est souvent plus efficace de travailler sur :

  • la régularité des repas
  • l’écoute des sensations
  • la réduction de la culpabilité
  • la gestion du stress
  • l’environnement
  • les habitudes réalistes.


Ce sont ces ajustements, parfois discrets mais cohérents, qui permettent des changements durables.



L’accompagnement : un cadre, pas une contrainte.


Se faire accompagner ne signifie pas manquer de volonté.

Cela signifie reconnaître que l’alimentation est un comportement complexe.


Un bon accompagnement permet de prendre du recul, comprendre ses mécanismes, trouver des solutions adaptées à sa vie et avancer sans pression inutile !

Ce n’est pas une question de contrôle mais de compréhension.



Le message essentiel.


Si manger était uniquement une question de volonté, tu aurais déjà réussi depuis longtemps !


Les difficultés alimentaires ne sont pas un manque de discipline mais le résultat d’interactions complexes entre le corps, le cerveau, les émotions et l’environnement.


Changer durablement passe rarement par “faire plus d’efforts” mais souvent par faire autrement.


En résumé…


  • L’alimentation n’est pas qu’un choix rationnel
  • La volonté a ses limites
  • Le corps et le cerveau influencent les comportements
  • Le stress et la fatigue jouent un rôle majeur
  • Le contrôle excessif est rarement une solution durable.


Une approche plus globale, plus humaine et plus personnalisée permet souvent de retrouver une relation plus apaisée avec l’alimentation.


Si tu te reconnais dans ce que tu lis et que tu as l’impression de lutter en permanence, un accompagnement peut t’aider à comprendre ton fonctionnement et à avancer sans culpabilité.

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