Se rendre au contenu

Analogues du GLP-1 : ce que dit vraiment la science.

20 janvier 2026 par
DUFOUR Garis


Analogues du GLP-1 : ce que la science dit vraiment (efficacité, limites, risques et rôle du professionnel)


Les analogues du GLP-1 (glucagon-like peptide-1) - notamment le sémaglutide (Wegovy, Ozempic), le tirzépatide (Mounjaro, Zepbound) et le liraglutide (Saxenda) - sont au cœur du débat public et scientifique depuis plusieurs années. Ils ont d’abord été développés dans le traitement du diabète de type 2, avant d’être progressivement autorisés dans plus de pays pour la prise en charge de l’obésité. 


Ce sont des médicaments efficaces sur la perte de poids chez certaines personnes, mais ils ne sont ni des solutions miracles, ni des substituts aux approches comportementales, nutritionnelles et psycho-sociales. Voici ce que disent les données scientifiques actuelles.



Comment fonctionnent les analogues du GLP-1 ?

Les analogues du GLP-1 imitent l’action d’une hormone intestinale naturelle qui intervient dans la régulation de la glycémie et de l’appétit :

  • ils ralentissent la vidange gastrique
  • augmentent la sensation de satiété
  • améliorent la sécrétion d’insuline en réponse aux repas.


Ces mécanismes conduisent à une réduction spontanée de la prise alimentaire, ce qui facilite une perte de poids lorsqu’ils sont utilisés dans les bonnes indications. 



Efficacité : ce que montrent les essais randomisés.

Les études cliniques contrôlées (phases 2 et 3) montrent que :

  • Le tirzépatide (un agoniste dual GLP-1/GIP) peut conduire à une perte de poids moyenne de l’ordre de 20 % du poids corporel chez des personnes obèses sans diabète après environ 72 semaines de traitement.  
  • Le sémaglutide à 2,4 mg hebdomadaire entraîne une perte de l’ordre de 13-15 % après 68 semaines chez des patients obèses sans diabète.  
  • Le liraglutide (dose quotidienne) montre une perte de poids plus modeste (environ 4-6 %).  


Dans l’ensemble, ces pertes de poids sont supérieures à celles observées avec un placebo et dépassent souvent ce qui est obtenu avec de nombreux médicaments anti-obésité plus anciens, mais elles restent très variables selon les individus. 



Effets secondaires et sécurité : une lecture nécessaire.

Comme tous les médicaments, les analogues du GLP-1 ont des effets indésirables bien documentés :


Effets fréquents : 

  • Troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhée, constipation)
  • Ils sont généralement bénins ou transitoires, souvent atténués avec une montée progressive des doses.  


Effets rares mais à surveiller :

  • Pancréatite aiguë (rare, mais mentionnée dans les essais)
  • Possibles troubles biliaires ou ralentissement excessif de la digestion
  • Données insuffisantes sur certains risques rares à long terme
  • Données limitées chez la femme enceinte ou en âge de procréer (pas de sécurité confirmée).


Les données à très long terme (plusieurs années consécutives) restent limitées, ce qui justifie la prudence et une surveillance régulière sous prescription médicale. 



Ce qui se passe après l’arrêt du traitement.

Une préoccupation importante est la reprise de poids après arrêt des médicaments. Des analyses suggèrent qu’un grand nombre de personnes reprennent une part significative, voire la totalité, du poids perdu dans l’année qui suit l’arrêt si des stratégies comportementales adaptées ne sont pas mises en place. 


Cela indique clairement que ces médicaments ne résolvent pas les déterminants complexes de l’alimentation et du comportement alimentaire sur le long terme sans un accompagnement pluridisciplinaire.



Recommandations internationales récentes.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié fin 2025 des lignes directrices conditionnelles sur l’utilisation des analogues du GLP-1 dans l’obésité.

Les points clés :

  • Ils peuvent être utilisés chez l’adulte obèse (IMC ≥ 30) au long cours, dans un cadre clinique précis, en association avec un programme structuré de modification du mode de vie.  
  • L’usage n’est pas recommandé chez la femme enceinte ou chez celles en période de procréation active, faute de données suffisantes.  
  • L’efficacité et la sécurité à très long terme et après l’arrêt restent incertaines, d’où la conditionnalité des recommandations.  


Cette approche souligne que ces médicaments ne fonctionnent pas en isolation mais doivent s’inscrire dans une prise en charge globale.



Pourquoi ils ne remplacent pas l’accompagnement nutritionnel ?

Les analogues du GLP-1 modifient la faim et la satiété par des mécanismes physiologiques, mais ils ne traitent pas :

  • Les habitudes alimentaires enracinées
  • Les habitudes comportementales liées au stress, au sommeil ou aux émotions
  • Les déterminants psycho-sociaux de l’alimentation.


Un accompagnement diététique structuré permet :

  • d’optimiser l’alimentation autour des effets du médicament
  • de renforcer les habitudes durables
  • d’accompagner la reprise de poids après arrêt
  • de réduire l’anxiété liée au poids et à l’alimentation.


En l’absence de ce travail, la simple prescription d’un médicament ne résout pas les causes profondes du gain de poids.



Mise en perspective clinique.

Ce que la science actuelle nous enseigne :

  • Preuves solides d’efficacité pour la perte de poids avec certains analogues du GLP-1.  
  • Preuves modérées sur les effets à très long terme et l’impact après arrêt.  
  • Consensus d’experts pour une utilisation dans le cadre d’une prise en charge globale (alimentation, activité physique, soutien comportemental).  



En pratique : que retenir ?

  • Les analogues du GLP-1 sont un outil dans l’arsenal thérapeutique, mais pas une solution isolée.
  • Sans accompagnement nutritionnel, comportemental et psycho-social adapté, leur utilisation est souvent insuffisante pour des changements durables.
  • La perte de poids obtenue peut être importante, mais le maintien post-traitement nécessite des stratégies bien établies.
  • Ce sont des traitements sur prescription médicale, avec des indications spécifiques et des risques à connaître.



Pourquoi un accompagnement diététique spécialisé fait la différence ?

Un diététicien nutritionniste peut :

  • contextualiser l’usage des analogues du GLP-1 avec des stratégies alimentaires sûres
  • adapter des plans alimentaires individualisés
  • travailler sur la relation à l’alimentation, indispensable pour prévenir la reprise de poids
  • coordonner le suivi avec l’équipe médicale pour optimiser les bénéfices.


Parce que chaque personne est unique, une prise en charge personnalisée va bien au-delà de la prescription d’un médicament.

Maladie cœliaque : ce que signifie réellement manger sans gluten.